Portrait d’Abdallah Chatila : “Il faut apprendre à s’écouter” – PME Magazine

Posté le 5 juillet 2016 par

“Il faut apprendre à s’écouter”
Abdallah Chatila,CEO de Rachaya Holding

Portrait réalisé par Odile Habel – PME Magazine – Juillet 2016

Un de vos meilleurs souvenirs professionnels?
J’avais 21 ans.Deux amis m’ont parlé indépendamment de pierres de deux poires de 25 carats.J’avais entre les mains l’acheteur et le vendeur. Ce jour-là,je fis ma première grosse vente et mesurai toute l’importance de savoir gérer les flux d’informations.

Quel autre métier auriez-vous pu (voulu) exercer?
Je pratique déjà beaucoup de métiers.J’ai tout d’abord travaillé dans l’entreprise familiale avec le négoce de pierres et la joaillerie. Depuis, je me développe dans l’immobilier, les assurances, la technologie et l’art. Ce n’est pas dans ma nature d’être un spécialiste, je suis fondamentalement un entrepreneur. C’est un métier qui me convient très bien.

Le talent que vous rêveriez d’avoir?
Je parle déjà cinq langues, mais j’aimerais arriver à dix. Sinon, j’aurais bien voulu avoir un vrai talent artistique.

Un trait de caractère qui vous séduit ou qui vous agace?
J’apprécie les gens qui ont confiance en eux, qui savent ce qu’ils veulent et qui ne dérogent pas à leurs principes. En revanche, je ne peux pas supporter l’hypocrisie.

Votre plus dure école de la vie?
J’avais 24 ans et j’ai fait pleurer mon père. Ce fut une grande leçon, car j’ai compris que j’aurais pu résoudre les choses en communiquant mieux et en les disant telles quelles.

Quelle a été votre plus grande erreur?
Ne pas m’être assez écouté parfois. Dans le passé, je pouvais avoir de gros doutes sur ce que j’allais faire, mais le faire quand même. Aujourd’hui, je n’agis plus de la sorte. Si je ne suis pas convaincu à 100%, je ne m’y engage pas. J’ai compris ainsi que lorsqu’on veut trop conclure une affaire, on accepte quelque chose d’imparfait et c’est une erreur.

Le meilleur conseil que vous ayez reçu?
Encore une fois: m’écouter! C’est le conseil que me donnaient les gens avec qui je travaillais. Il ne faut pas avoir peur de faire faux, ni de perdre parfois de l’argent. Je ne juge jamais quelqu’un qui fait des erreurs et qui croit à fond dans son projet.

Le meilleur  endroit du monde?
Aucun, mais je dirais la chambre à coucher. C’est l’endroit où l’on se laisse aller, où l’on se repose vraiment. Le sommeil est très important pour moi, il me permet de déstresser et de me ressourcer.

Votre plus grande extravagance?
La philanthropie. Je donne toujours beaucoup plus que ce qui est raisonnable. J’ai toujours été comme ça. J’avais 7 ou 8 ans et j’avais demandé de l’argent a mon père pour faire un cadeau à tous les élèves de ma classe pour Noël.

Votre plus grand rêve?
Vivre longtemps et voir mes trois enfants -Elie, Stella et Sofia -heureux. C’est quelque chose que l’on pense acquis, mais qui ne l’est pas.

Quel titre mettriez-vous sur votre portrait?
Aucun en particulier.

Qui ou quoi aimeriez-vous être le temps d’une journée?
Le président des Etats-Unis pour le pouvoir qu’il possède. J’essaierais d’établir la paix sans faire trop de politique.

La personnalité avec qui vous aimeriez diner ?
Le président des Etats-Unis à condition qu’il dévoile quelques informations. J’ai eu la chance de dîner avec l’ancien premier ministre Ehud Barak, qui était très ouvert aux questions.
Ce qui fut très intéressant.

Comment occuperiez-vous une année sabbatique?
Je pense qu’il s’agirait plutôt de faire les choses différemment, car pour prendre une année sabbatique il faudrait que je puisse en profiter la tête libre, ce qui est impossible et ne me conviendrait pas. Je consacrerais mon temps à faire du sport et à étudier des langues.

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